we sign it - M. Le ministre « Aucune écriture n’est innocente »

M. Le ministre « Aucune écriture n’est innocente »

En 2015, le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes avait publié un guide incitant les pouvoirs publics à adopter une communication « sans stéréotypes de sexe ».

Nous nous étions réjoui·e·s de cette initiative pour lutter contre les stéréotypes car oui, l’écriture est le reflet de notre société.

Pour le ministre de l’Education Nationale, ce n’est pas « une bonne idée », nous pensons sa position contradictoire pour une personne se disant féministe. Pire, pour ce « féministe » une écriture qui met sur le même pied d’égalité le masculin et le féminin nuit à l’égalité Homme-Femme.

M. le ministre « Aucune écriture n’est innocente » (Thomas Sankara)

« Une langue qui rend les femmes invisibles est la marque d’une société où elles jouent un second rôle », faisait valoir le HCE, rappelant que la règle du masculin qui l’emporte sur le féminin n’a pas toujours existé mais a été instaurée au XVIIe siècle.

Plusieurs ministères, institutions, collectivités et universités se sont depuis engagés à appliquer ces recommandations. Mais le sujet était resté assez éloigné du grand public. Jusqu’à ce que Le Figaro fasse état fin septembre d’un manuel scolaire de CE2, publié il y a six mois par les éditions Hatier et rédigé en « écriture inclusive ». Les noms de métiers y sont écrits ainsi : agriculteur.rice.s, artisan.e.s, commerçant.e.s.

Il y a quelques jours, le ministère du Travail a publié un guide de bonnes pratiques pour aider les petites et moyennes entreprises à atteindre l’égalité professionnelle femmes-hommes.

Pour Raphaël Haddad, dirigeant de Mots-Clés, une agence de communication qui a publié fin 2016 un manuel d’écriture inclusive, ces débats, qui se « focalisent sur le point milieu », utilisé pour séparer deux lettres, ont l’avantage de « faire accepter de manière massive la féminisation des noms de métiers. Il y a dix ans, la critique était sur ambassadrice, préfète… », rappelle-t-il à l’AFP.

L’écriture inclusive, c’est quoi ?

L’écriture inclusive ou égalitaire est une manière d’utiliser le féminin et le masculin dans un texte, afin qu’aucun des deux sexes ne se sente exclu ou sous-représenté. Ceci vaut surtout pour les femmes qui disparaissent sous la fameuse règle de grammaire : "le masculin l’emporte sur le féminin". Il est ainsi courant d’écrire "les hommes et les femmes sont partis" ou "les étudiants sont nombreux" même si un seul homme est présent dans une salle.

L’usage du masculin prédomine aussi lorsqu’il s’agit d’écrire ou de nommer des métiers et des fonctions, sous prétexte que leur féminisation est illisible ou moche : une écrivaine, Madame la préfète. Plus qu’une question d’esthétique ne serait-ce pas plutôt une question d’habitude ? rétorquent les partisans de l’écriture inclusive. D’autant plus que chaque métier a son équivalent au féminin depuis le Moyen-Age.

Notre appel est adressé à tou·te·s pour faire avancer la société vers une égalité entre les sexes.

« Si une langue n’évolue pas, elle meurt »

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